LA MUSIQUE N'EST RIEN

CONCERT DÉAMBULATOIRE

REPRÉSENTATIONS

Mardi 15 au samedi 19 juin 2021

Tous les soir de 17 h à 19 h 30

Départs aux 10 minutes

DESCRIPTION

Nous vous convions à une expérience innovante, un parcours déambulatoire sonore et sensoriel d’une quarantaine de minutes à travers les espaces du Périscope, dont le point culminant est la dernière des six stations, située dans le studio Marc-Doré et intitulée La musique n’est rien. 

La musique n’est rien est une œuvre pour quatuor à corde de 8 minutes qui a été écrite pour que l’on se promène à l’intérieur d’elle, dans le noir total. L'oeuvre se matérialise alors que le spectateur déambule, seul ou en duo, dans un dispositif ambiophonique en l’absence de tout référent visuel. Le voyage à l’intérieur de cette musique est largement inspirée du génie harmonique de Dmitri Chostakovitch. C'est aussi une invitation à aller voir, pour et par vous-même, si la musique n’est rien, ou pas.

 

Pour se rendre jusqu'à l'oeuvre La musique n'est rien, un parcours déambulatoire incluant cinq stations vous fera redécouvrir le premier mouvement du quatuor à corde no.4, op. 83 de Dmitri Chostakovitch. L'exploration d'une trentaine de minutes est une installation disséquant la beauté et la richesse de l’architecture mélodico-harmonique de l’œuvre.

LIEU

Théâtre Périscope

2 Rue Crémazie Est

Québec (Québec)  G1R 2V2

ŒUVRES AU PROGRAMME

Quatuor à corde no.4, op.83, Dmitri Chostakovitch

Alexandre Sauvaire, Violon 1

Christine Lavallière, Violon 2

Pascale Rivard, Alto

Marie-Loup Cottinet, violoncelle

 

Tout ou rien ?, Devil Dandy *

Devil Dandy

Dmitri, Michel Côté *

Michel Côté

La musique n’est rien, Mathieu Campagna *

Quatuor Crema 

Inti Manzi, violon 1

Jean-Michel Marois, violon 2

Annie Morrier, Alto

Rachel Baillargeon, Violoncelle

 

* créations

PROGRAMME

Concert déambulatoire présenté du 15 au 19 juin 2021 au Théâtre Périscope

Pour le bon déroulement du déambulatoire et pour la sécurité de tous, veuillez respecter le temps prévu à chaque station ainsi que l’ordre de celles-ci. Un membre du personnel vous guidera.

STATION 1 | 10 MINUTES

Après plus d’un an à l’écart de cette relation si importante entre le public et l’interprète, prenez quelques minutes pour apprécier l’univers intime du musicien, dans son espace de répétition, son lieu de réflexion. Explorez avec lui ses questionnements esthétiques et entendez la beauté étrange de chacune des parties du quatuor à corde isolé des autres. Séparée du tout, de « l’ensemble », comme l’ont été les musiciens eux-mêmes depuis plus d’un an, chacune des parties d’une œuvre révèle une beauté particulière. Que ce soit par son contour mélodique atypique, par la richesse du timbre d’une note tenue ou par son rythme cherchant, en vain, à prendre appui sur les autres, chaque partie est une découverte magnifiée par la rencontre avec le musicien qui la défend. Déplacez-vous dans l’œuvre, partie par partie, à votre rythme, d’un musicien à l’autre, d’un espace à l’autre.

STATION 2 | 5 MINUTES

Quatuor à corde no.4, op.83, Allegretto | Dmitri Chostakovitch

Placé au centre de cet ensemble virtuel, écoutez le 4e quatuor à corde de Chostakovitch. Déplacez-vous entre les instruments pour découvrir une toute nouvelle perspective sur l’œuvre pour en dégager une appréciation différente qui, peut-être, ramènera le souvenir de vos rencontres précédentes.

Moins connu que le quatuor no.8, celui-ci écrit en 1949, est pourtant significatif dans le corpus du compositeur. En effet, à la suite de prises de position prônant plus d’ouverture pour les compositeurs de l’Union soviétique, Chostakovitch dû faire face à la censure. Comme d’autres de ses œuvres de la même époque, le 4e quatuor fut écrit en secret et ne fut créé qu’en 1953, neuf mois après la mort de Staline.

Utilisant les inflexions de la musique juive de l’Europe de l’Est, cette pièce n’en demeure pas moins intime et personnelle pavant la voie pour la suite du développement de l’écriture du compositeur.

STATION 3 | 5 MINUTES

Tout ou rien ? | Devil Dandy (création)

Un mot du compositeur

Tout ou rien? est une œuvre qui puise son inspiration du 4e quatuor à corde de Dmitri Chostakovitch. À la manière de l’œuvre d’après-guerre, cette nouvelle pièce utilise des tonalités et des techniques musicales propres à la musique juive, tout en explorant davantage les possibilités musicales grâce aux nouvelles méthodes de création d’aujourd’hui. La pièce débute avec une harmonie rappelant le 2e mouvement du quatuor, puis se développe de manière organique à l’aide de motifs rythmiques complexes qui se superposent et se répondent. Cette nouvelle composition est à la fois écrite tout en ayant une part d’improvisation et de manipulation sonore en direct permettant à la musique d’être plus vivante, évoquant du même souffle la musique festive et enivrante des Balkans.  

 

Cette nouvelle œuvre a été créée en moins de deux semaines, et son titre fait aussi allusion à l’engagement des artistes envers leur travail, malgré les conditions souvent difficiles, précaires et constamment changeantes de leur milieu, un travail qui ne peut pas être fait à moitié. Tout ou rien ? se voit aussi comme l’élan qui nous porte à suivre ce qu’on aime et de faire la musique qui nous inspire, malgré les embûches et par-delà les modes, les tendances et les courants intellectuels. Music is the best après tout, comme disait Frank Zappa.

STATION 4 | 5 MINUTES

Dmitri | Michel Côté

 Un mot du compositeur

Reclus sur l’île imaginaire de "Kovitch", mon personnage (Dmitri) incarne une métaphore sonore de l'œuvre du grand compositeur néo-classique.

 

Ainsi, la création que je propose suggère au visiteur une réminiscence musicale qui fait écho au génie, mais aussi à l'audace de ce grand maître du XXe siècle.

Pour l'occasion, j'ai l'idée d'emprunter au compositeur les attributs de sa structure formelle et d'insister sur son inclinaison à utiliser les dissonances aux moments les plus inattendus...

Pour ce faire, j'explorerai les possibilités infinies des combinaisons mélodiques pluritonales offertes par le jeu de ma Guitare automatique¹, appuyé d'accents impromptus à la Mbira².  En complément j'ajouterai, à l'espace audible, l'indispensable sonorité de l'archet, en utilisant mon Étallophone³.

 

  ¹ La guitare automatique est un automatophone constitué d'un assemblage de huit carrousels actionnés simultanément ou de manière isolée. Le tout est installé sur la caisse de résonance d'une guitare acoustique.

² La MBira est un idiophone d'origine africaine (modifié) à lamelles frappées ou frottées.

³ L'étallophone est un idiophone qui s'avère être un métallophone (modifié) dont les notes sont « étalées » de manière à les juxtaposer chromatiquement. Cet instrument est joué à l'aide de deux archets doubles.  

STATION 5 | 10 MINUTES

La musique n’est rien | Mathieu Campagna

Un mot du compositeur

La musique n’est rien. Ce sont les mots et le titre d’un livre du grand musicien Sergiu Celibidache. Un homme qui donna sa vie à la musique.

 

La musique n’est rien. Elle ne possède pas de sens en soi, du moins pas un qui serait rationnel ou se rapprochant de la pensée ou du verbe. Elle n’est, en fait, que molécules d’air brassées d’une telle ou telle façon, portée jusqu’à nos oreilles.

 

Pourtant, en dépit qu’elle ne soit rien, tous la vivent, la ressentent, sans besoin d’explication. La musique se passe de toute éducation, comme la couleur bleue, comme si elle avait toujours fait partie de ce monde. L’enfant de 3 ans sait que la complainte du violon est triste. Comment une chose qui n’est rien pourrait avoir un tel pouvoir ? Il doit bien y avoir quelque chose. Quelque chose au-delà du sens ou des mots, quelque chose de vivant et d’essentiel.

 

Et si l’on pouvait voir la musique ?

 

Il faudra sûrement fermer les yeux pour le faire.

 

La musique n’est rien est une œuvre pour quatuor à corde de 7 minutes qui a été écrite pour que l’on se promène à l’intérieur, dans le noir total. Une œuvre matérialisée, dans laquelle le spectateur déambule, seul, dans un dispositif ambiophonique et en l’absence de tout référent visuel.  Une musique à voir, une musique dans laquelle on peut se déplacer. Un voyage largement inspiré du génie harmonique du sous-estimé Chostakovitch. Et surtout, une invitation à aller voir, pour et par vous-même, si la musique n’est rien ou pas.

CRÉDITS DU CONCERT DÉAMBULATOIRE

Production : E27 musiques nouvelles

Diffusion : Théâtre Périscope

Direction artistique : Raphaël Guay

Coordination de production : Alexandre Belzile

Communication E27 : Claudia Désilets

MERCI À NOS PARTENAIRES

Merci à Marie-Hélène Gendreau ainsi qu’à toute l’équipe du Périscope d’accueillir avec autant d’enthousiasme la musique de création dans son temple du théâtre.

Merci au LANTISS et à M. Robert Faguy pour toute l’aide apportée.

 

Merci à Twigg musique pour le prêt d’instruments.